France MIVILUDES : portée juridique, sécurité du droit et limites au regard des standards européens

Principe fondamental

Les travaux de la MIVILUDES relèvent exclusivement du droit administratif français.

Ils ne constituent ni une norme juridique, ni une décision judiciaire, ni une source de droit.

Absence de valeur normative

La MIVILUDES :

  • ne rend pas de décisions judiciaires
  • ne possède aucun pouvoir juridictionnel
  • produit des analyses administratives

 Conséquence : Ses rapports ne peuvent fonder une qualification juridique.

Absence de définition juridique

Les notions de :

  • « secte »
  • « dérive sectaire »

ne sont pas définies en droit positif français.

Conséquence juridique

Une notion non définie par la loi ne peut fonder ni une qualification pénale ni une restriction des droits fondamentaux.

Jurisprudence européenne

Condamnation de la France

Association Les Témoins de Jéhovah c. France
La Cour européenne des droits de l’homme a condamné la France pour : 

Motif :

  • intervention étatique disproportionnée
  • atteinte à une minorité religieuse

Références

Principe dégagé

Toute intervention de l’État dans le domaine religieux doit être fondée sur une base légale claire, nécessaire et proportionnée.

Autres arrêts de référence

Religionsgemeinschaft der Zeugen Jehovas c. Autriche

  • obligation de neutralité de l’État

Metropolitan Church of Bessarabia c. Moldova

  • protection des minorités religieuses

Problème structurel au regard de la CEDH

Les notions utilisées par la MIVILUDES :

  • ne sont pas définies juridiquement
  • ne sont pas prévisibles
  • reposent sur des appréciations administratives

Qualification juridique

L’utilisation de notions non définies juridiquement peut soulever des questions au regard du principe de sécurité juridique garanti par la CEDH.

Neutralité religieuse

La jurisprudence européenne impose : neutralité et impartialité de l’État

Implication : 

  • interdiction de qualifier des croyances
  • interdiction de hiérarchiser les religions

Inopposabilité en Suisse

Les travaux de la MIVILUDES ne produisent aucun effet juridique en Suisse.

Fondements :

Non-transposabilité

Un cadre administratif national ne peut être transposé dans un autre système juridique sans base légale explicite.

Fragilité méthodologique

Les analyses reposent notamment sur :

  • signalements
  • témoignages

Or : 

  • les témoignages d’anciens membres sont non neutres
  • la notion même de religion est discutée scientifiquement 

Références

Conclusion

Les travaux de la MIVILUDES relèvent d’un cadre administratif national et ne constituent pas une source de droit.

L’absence de définition juridique de ses notions centrales, combinée aux exigences de la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l’homme, implique qu’ils ne peuvent être utilisés comme fondement juridique ou probatoire en dehors de leur contexte.

Ils sont dépourvus de toute valeur normative en Suisse.

Recherche