Peut-on définir juridiquement ce qu’est une religion ?

La question de la définition juridique de la religion constitue un enjeu central en droit comparé.

Elle conditionne la possibilité pour un État de qualifier, encadrer ou restreindre des croyances.

Absence de définition universelle

À ce jour :

  • aucun traité international ne définit la religion
  • aucun consensus juridique n’existe
  • aucune définition universelle n’est reconnue

Position du droit européen

La Convention européenne des droits de l’homme protège :

  • la liberté de pensée
  • la liberté de conscience
  • la liberté de religion

sans en donner de définition.

Jurisprudence européenne

La Cour européenne des droits de l’homme adopte une approche constante :

  • protection large des convictions
  • refus de définition restrictive
  • reconnaissance du pluralisme

Principe dégagé

Le droit européen protège la liberté religieuse sans définir ce qu’est une religion.

Conséquence juridique majeure

En l’absence de définition juridique, il n’existe pas de critère objectif permettant de qualifier universellement une religion.

Position du droit suisse

Le droit suisse :

  • ne définit pas la religion
  • ne classe pas les croyances
  • ne reconnaît aucune autorité de qualification

Fondements :

Principe suisse

L’État ne définit pas la religion et n’en évalue pas la validité.

Comparaison internationale

Certains États utilisent :

  • des critères administratifs
  • des évaluations institutionnelles

mais :

Ces approches sont nationales, contextuelles et dépourvues de portée universelle.

Limites des tentatives de définition

Les difficultés sont multiples :

  • diversité des croyances
  • évolution des pratiques
  • absence de consensus scientifique

En sciences sociales : 

Risque juridique des définitions étatiques

Définir la religion peut entraîner :

  • arbitraire
  • discrimination indirecte
  • atteinte à la liberté de conscience

Principe de sécurité juridique

Une restriction des droits fondamentaux nécessite une base légale claire, précise et prévisible.

Neutralité de l’État

Selon la Cour européenne des droits de l’homme : l’État doit rester neutre et impartial

Conséquence

L’État ne peut pas déterminer quelles croyances sont légitimes ou non.

Déduction juridique centrale

En l’absence de définition juridique universelle, aucune autorité nationale ne peut établir une qualification objective et universelle de la religion.

Application pratique

Cela implique :

  • impossibilité d’importer une qualification étrangère
  • absence de valeur universelle des classifications nationales
  • nécessité d’une analyse fondée sur le droit local

Position

La religion ne fait l’objet d’aucune définition juridique universelle.

Les États ne peuvent que protéger la liberté de croyance sans en fixer les contours.

Toute qualification relève d’un cadre national spécifique et ne peut être transposée comme norme générale.

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